Communiqué : 70km/h sur la portion centrale de l’A480

La Préfecture de l’Isère a annoncé vendredi 22 février 2019 la signature d’un arrêté instaurant une limitation de la vitesse maximale à 70km/h sur une courte portion du boulevard périphérique métropolitain, entre les échangeurs Vercors et Louise Michel de l’A480. Pourtant une semaine plus tôt, le 15 février lors d’une conférence de presse rassemblant l’ensemble des partenaires du projet, le Préfet avait annoncé que cet arrêté ne serait pas pris avant… 2022.

Cet imbroglio mis à part, nous nous félicitons de cette décision que nous appelions depuis longtemps. En effet, le passage de 90 à 70km/h permet, d’après les études menées dans le cadre du projet A480, de réduire le bruit, l’accidentologie et l’émission des principaux polluants (NO2, PM) de l’ordre de 5 à 7%. 70 est aussi la vitesse la plus favorable à la fluidité du trafic et augmente très peu les temps de parcours.

Il faut saluer la mobilisation de l’ensemble des Maires des communes riveraines de l’A480, dont le Maire de Grenoble, du Président de la Métropole et du SMTC pour obtenir, dès à présent et non en 2022, cette décision du Préfet face aux résistances du Département qui reste enferré dans une logique routière totalement dépassée au regard des enjeux sanitaires et environnementaux.

Cette décision pour le 70 est un petit pas dans la bonne direction. Prise plus tôt elle aurait permis de revoir à la baisse le dimensionnement de l’ensemble des ouvrages et ainsi réduire les emprises et les travaux nécessaires.

Toutefois, cette décision ne peut à elle seule contrebalancer les effets négatifs du projet de l’A480 à savoir le risque majeur de voir le trafic augmenter suite à l’élargissement. Il est possible de réduire les bouchons pour un coût économique et environnemental moins élevé, comme le prévoyait notamment le scénario présenté par l’État lors de la concertation publique en 2011.

Pour faire face aux engagements pris pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et respecter les valeurs cibles de l’OMS quant à la qualité de l’air, une politique ambitieuse de réduction de la circulation routière au profit des autres modes de transports doit être menée. Nous appelons à :

  • généraliser cette vitesse de 70km/ sur l’ensemble du boulevard périphérique Métropolitain (A480 et Rocade sud), comme l’ont fait Lyon et Lille dernièrement
  • généraliser l’expérimentation des voies covoiturage sur l’ensemble des axes autoroutiers desservants la Métropole : A48, A480, A41 et A51.

L’ensemble de nos propositions sont détaillées sur a480.org

Communiqué de presse du lundi 18 février

La Préfecture, la Métropole et Area en flagrant délit de désinformation sur le projet d’élargissement de l’A480

Ce vendredi 15 février, lors d’une conférence de presse à la préfecture de l’Isère, les responsables du projet, ignorant le référé suspensif déposé au Tribunal administratif de Grenoble, se sont félicités d’avancées qui ne convainquent ni les riverains, ni les associations environnementales, et qui ont passablement irrité la ville de Grenoble

Plusieurs collectifs s’étaient réunis devant la préfecture réclamant qu’une délégation puisse assister à cette conférence. A défaut d’avoir pu rentrer, voici la lettre que nous adressions aux porteurs du projet.

Quelle sera la vitesse sur cette autoroute XXL ?

La grande annonce attendue de cette conférence, n’en fut pas une. Après l’intervention d’un des journalistes présents, interrogeant les porteurs du projet sur la pertinence de persister à dimensionner une autoroute à 90 km/h, induisant un élargissement notable (alors qu’une 2×3 voies à 70 km/h se contenterait de la surface bitumée actuelle) et une réfection de la plupart des ouvrages de franchissement, c’est visiblement la question de savoir quand exactement serait pris l’arrêté pour la vitesse de circulation qui a dérangé le préfet.

Comme a ironisé le maire de Grenoble, visiblement agacé par la situation: il n’y aura en effet pas d’arrêté préfectoral limitant la vitesse à 70 km/h, en tout cas pas avant la fin des travaux, en 2022.

Le dossier de presse de cette conférence précise par ailleurs que la portion limitée 70 km/h irait uniquement du diffuseur du Vercors à celui de Louise Michel, soit seulement 3.5km sur les 8km de l’A480. Annoncée à diverses reprises par les porteurs du projet (comme par exemple le 15 Novembre 2018 par C. Ferrari), et fermement soutenue par la municipalité grenobloise, la limitation de vitesse à 70 km/h, qui est le premier pas évident pour aller vers cette “autoroute apaisée” que le PDG d’AREA, Philippe Nourry, dit vouloir, est donc remise aux calendes grecques.

Il est intéressant de rappeler qu’un des engagement du contrat de majorité de la Métropole promettait de faire de l’A480 un “boulevard urbain à 2*2 voies dont la vitesse sera limitée à 70 km/h“. Rappelons également que Christophe Ferrari s’était publiquement exprimé contre l’élargissement de l’A480 en septembre 2015, la priorité étant selon lui au réaménagement de l’échangeur du Rondeau.

Le covoiturage sera uniquement l’objet d’une étude

Précisons tout de suite, pour dissiper le flou entretenu sur ce sujet depuis des mois par les porteurs du projet, que la voie covoiturage annoncée lors de cette conférence est sur l’A48, et non sur l’A480.

Alors que le covoiturage sur autoroute va sans doute devenir généralisable prochainement grâce à la Loi d’Orientation des Mobilités, où en est la décision sur la voie de covoiturage sur l’A48, mesure évidente pour décongestionner, en limitant le flux de véhicules entrant, l’A480 ? A celui d’une ”étude d’opportunité pour une expérimentation” ! Mais, de toutes les façons, comment croire qu’AREA soit favorable à une telle solution, laquelle, si elle venait à fonctionner efficacement, viendrait diminuer nettement le nombre de véhicules circulant sur ses voiries ? Sachant par ailleurs que, si l’A480 était effectivement élargi, les bouchons ne remonteraient alors plus sur l’A48: l’effet incitatif pour emprunter la voie réservée au covoiturage serait alors sans doute nul ou presque…

Les murs anti-bruits

Le grand absent de cette conférence est probablement le sujet des murs anti-bruits, notamment ceux réclamés par les riverains de Berriat – Europole. Les promoteurs du projet ne manquent pas de rappeler qu’il vont plus loin que la loi, mais, sur un budget de 300 M€, pourquoi laisser encore des sections urbaines dépourvues de ces protections contre le bruit ? Certe le fait d’avoir fait appel à un architecte réputé pour végétaliser les murs et en faire des “supports ludiques” a pu plomber le budget, mais en attendant les riverains eux ne comprennent pas pourquoi ils sont sacrifiés.

Le démarrage des travaux

L’objet de cette conférence était également d’annoncer le début des travaux. Ces derniers doivent très prochainement concerner le parc public Vallier-Catane. Ce parc est fréquenté par les habitants du quartier et sa ligne d’arbre protège, au moins partiellement, le groupe scolaire Joseph Vallier du bruit de l’autoroute. Pourquoi ces coupes ? Pour permettre les terrassements de la future bretelle, laquelle se rapprochera donc de la ville de 20 m: l’école primaire, fréquentée par plus de 150 enfants, ne sera plus qu’à une trentaine de mètres de l’autoroute. Pourquoi persister à entreprendre ces travaux, notamment les coupes d’arbres, alors qu’une action en justice risque d’arrêter le chantier dans son ensemble ?

Ce Lundi 18 Fevrier, les travaux de déboisement du parc public Vallier-Catane ont etes suspendus par 25 activistes   

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Nos revendications

Avant de démontrer que des alternatives à l’actuel projet surdimensionné d’élargissement de l’A480 existent bel et bien, il est crucial de bien comprendre que ce dernier est une conséquence de l’accord signé en 2015 entre les ministres Valls, Macron et Royal et les sociétés concessionnaires d’autoroute. En dépit des demandes répétées du grenoblois R. Avrillier, cet accord est resté secret, jusqu’à ce qu’il parvienne aux médias le mois dernier et qu’il y soit enfin décrypté.

Convenu dans cet accord, l’engagement d’AREA à engager pour 300 M€ de travaux lui permet de récupérer des bénéfices indécents, grâce à la rentabilité exceptionnelle du business des autoroutes. Si, en plus, l’Etat, par cet accord de 2015, permet à AREA d’augmenter les tarifs autoroutiers et d’allonger sa concession, il ne fait aucun doute que l’investissement mis pour l’élargissement sera très, très largement récupéré, sur le dos des automobilistes…

Or, en s’appuyant sur le bilan de la concertation de 2011 et sur le Plan de Déplacement Urbain, des scénarios alternatifs sont pourtant clairement envisageables pour aménager intelligemment les infrastructures autoroutières existantes. En premier lieu, la mise en place de voies réservées aux transports collectifs et au covoiturage sur les 3 principaux axes du Y grenoblois, ce qui délesterait l’A480. Ensuite, la mise à 2×3 voies de l’A480, sans bande d’arrêt d’urgence et sans élargissement grâce à un dimensionnement pour une vitesse limitée à 70 km/h. Et enfin, la prise en compte de la demande des riverains pour la création d’un mur de protection phonique quelque soit le scénario retenu.

Alors qu’une nouvelle pétition contre ce projet a dépassé les 1000 signatures, nous demandons un moratoire sur le démarrage des travaux, un débat public et une analyse comparative de scénarios alternatif